L’oreille de Kiev – Andreï Kourkov


Kiev (Ukraine), début de l’année 1919. Pour la deuxième fois, l’armée rouge est victorieuse en Ukraine contre les Russes blancs du général Denikine et les partisans de Symon Petlioura. Le roman de Kourkov commence mal pour son héros Samson : son père est tué par un cosaque qui sabre tous ceux qui se trouvent sur son passage et lui, Samson, a son oreille droite coupée. Cette oreille, enfermée dans une petite boîte métallique, va jouer un rôle bien particulier dans cette histoire. Tout à fait par hasard, cherchant du travail maintenant que ce jeune étudiant se retrouve orphelin, il se verra proposer un poste d’enquêteur dans la milice. Il rencontrera aussi Nadejda, jeune bolchevique convaincue (contrairement à lui) qui deviendra sa colocataire avant de devenir, certainement dans le prochain roman de Kourkov, son épouse.

Et nous voilà entraînés, au travers d’une enquête policière passionnante, dans le Kiev du début des années 1919 au milieu des difficultés d’approvisionnement de nourriture, de bois pour se chauffer ou alimenter la centrale électrique, des incursions et des attaques des anti-bolchéviques, des vols, des meurtres, …Andreï Kourkov s’appuie, pour restituer au mieux ces années-là , sur un grand travail de recherche dans les documents de l’époque. Comme il l’explique dans l’avant-propos du livre : « Je suis devenu un familier de la Kiev de 1919, je connais certains de ses habitants et leurs adresses, je me promène dans ses rues accompagnées des héros des rapports de police et des personnages de mon livre. »

A noter parmi les soldats de l’armée rouge à Kiev, la présence de très nombreux chinois. En effet, au moment de la révolution russe, en octobre 1916, il y avait près de 200 000 chinois employés en Russie. Près de 40 000 d’entre eux rejoignirent l’armée rouge pour diverses raisons (conviction politique, possibilité d’avoir un travail et un salaire pour vivre ou rentrer chez eux,…).

L’auteur

Andreï Kourkov est né en 1961. Écrivain ukrainien, où il habite dès ses 2 ans et termine ses études à l’Institut d’État de pédagogie des langues étrangères en 1983, il écrit en langue russe. Il commence à être connu en France avec la traduction de son roman « Le pingouin » (avec sa suite « Les pingouins n’ont jamais froid »). Depuis 1996, il vit en partie à Londres. Il préside l’Union des écrivains ukrainiens.

Jacno

L’oreille de Kiev – Andreï Kourkov (Éditions Liana Levi – 22 €)